Note sur les chiffres cités plus bas. Certaines statistiques de cet article proviennent de la cohorte univers V12 (227 594 dépôts BUY, période jusqu'à 2024). Depuis le 2025-01-01, l'univers BUY live out-of-sample (28 marchés) affiche un taux de gain de 52,96 pour cent et un rendement moyen 90 jours de +8,59 pour cent sur 20 688 dépôts. Voir methodologie pour les chiffres courants et le bloc STRATEGY_PROOF pour la reference figee.
Une horloge réglementaire de 24 heures peut suffire à déplacer le carnet d’ordres.
Le sujet paraît technique. Il l’est. C’est précisément pour cela qu’il produit encore des erreurs de lecture assez chères.
Pourquoi la comparaison SEC Section 16 vs MAR compte vraiment
La comparaison entre Section 16 du Securities Exchange Act de 1934 et l’article 19 du Market Abuse Regulation, ou MAR, n’est pas un exercice de droit comparé pour juristes insomniaques. Elle touche à la vitesse de diffusion de l’information, à la qualité du signal d’initié, et à la manière dont un opérateur quantitatif ou discrétionnaire doit construire sa veille.
Aux États-Unis, le marché a été habitué à une tuyauterie relativement standardisée. Un administrateur, un dirigeant ou un actionnaire à plus de 10 % exécute une transaction, puis la déclare via Form 4, en règle générale dans les deux jours ouvrés. Le document est public, structuré, et largement aspiré par les flux de données.
Sous MAR, la logique est moins uniforme dans son apparence, même si elle est harmonisée dans son principe. Les personnes exerçant des responsabilités dirigeantes, les PDMR, et les personnes qui leur sont étroitement liées, doivent notifier les transactions sur actions, instruments de dette, dérivés ou autres instruments liés. L’émetteur et l’autorité compétente doivent ensuite être notifiés, et l’information doit être rendue publique au plus tard dans un délai de trois jours ouvrés.
Une journée ouvrée de différence peut sembler modeste. Sur un écran, c’est une éternité administrative. Sur un titre peu liquide, c’est parfois la différence entre une réaction encore fraîche et un marché déjà recyclé par les desks événementiels.
La vraie question n’est pas le droit, c’est l’horodatage
Un observateur superficiel compare “T+2” à “T+3” et s’arrête là. Un observateur utile demande au moins cinq choses :
- quelle est la date d’exécution,
- quelle est la date de dépôt auprès du régulateur ou de l’émetteur,
- quelle est la date de publication publique,
- quelle est la nature économique de la transaction,
- et l’opération était-elle discrétionnaire ou pré-planifiée.
C’est là que Section 16 et MAR divergent de façon structurelle. Le régime américain a développé, autour de la Form 4, une culture de lecture transactionnelle très codifiée. Le régime MAR, lui, s’insère dans un cadre plus large de prévention des abus de marché, avec des périodes d’interdiction, des seuils de notification, des obligations internes de gestion des listes d’initiés et des politiques d’émetteurs.
Le résultat pratique pour le marché
Le signal “achat d’initié” n’a pas la même densité informationnelle selon le régime. Un achat open-market d’un CEO américain, hors plan automatique, publié rapidement sur Form 4, n’est pas économiquement identique à une notification MAR qui peut couvrir un spectre plus large d’instruments, de personnes liées, et de circonstances procédurales.
Autrement dit, comparer les deux bases sans normalisation revient à comparer une montre suisse à un tableau de bord d’Airbus. Les deux donnent l’heure, mais pas de la même façon.
Section 16, une machine de divulgation centrée sur l’initié statutaire
Section 16 repose sur une idée ancienne mais robuste : certaines personnes sont présumées suffisamment proches de l’information et du pouvoir pour que leurs transactions méritent une transparence renforcée. Le périmètre principal couvre les administrateurs, les officers, et les beneficial owners de plus de 10 % d’une classe de titres enregistrés.
Qui déclare, et quoi exactement
Le régime américain articule plusieurs formulaires, mais pour le trading courant, Form 4 est la pièce maîtresse. Elle sert à déclarer la plupart des changements de propriété effective. Le marché la lit comme un flux quasi temps réel, même si “quasi” fait tout le travail.
Le formulaire distingue les titres détenus directement ou indirectement, et code les transactions. Cette codification est précieuse. Elle permet de séparer, au moins en théorie, les achats sur le marché, les ventes, les exercices d’options, les attributions d’actions, les dons, certaines conversions, et d’autres mouvements.
Pour un trader, cette granularité est un cadeau rare de l’administration. Elle évite de sur-réagir à une ligne qui ressemble à une vente mais n’en est pas une au sens économique.
Pourquoi le délai de deux jours ouvrés change le jeu
Depuis la réforme Sarbanes-Oxley, la plupart des transactions reportables sur Form 4 doivent être déposées avant la fin du deuxième jour ouvré suivant l’exécution. Ce délai a comprimé la fenêtre d’asymétrie d’information entre l’initié et le marché.
Il ne faut pas romantiser ce point. Deux jours ouvrés ne signifient ni instantanéité ni pureté du signal. Entre l’exécution, le traitement administratif, l’EDGARisation, l’ingestion par les data vendors et la lecture humaine, il reste de la friction. Mais cette friction est relativement standardisée.
Pour les stratégies systématiques, cette standardisation est plus importante que la vitesse brute. Un signal légèrement moins rapide mais proprement codé vaut souvent mieux qu’un signal théoriquement riche mais hétérogène.
Le rôle ambigu des plans 10b5-1
Le grand correctif, ou la grande complication, du côté américain s’appelle 10b5-1. Ces plans permettent à un initié d’établir à l’avance un programme de transactions lorsqu’il n’est pas en possession d’une information privilégiée matérielle non publique. L’idée est de fournir une défense affirmative contre l’accusation de trading sur information privilégiée.
En pratique, le marché a longtemps traité les transactions sous plan 10b5-1 avec une prudence variable. À juste titre. Une transaction automatique n’a pas le même contenu informationnel qu’un achat discrétionnaire décidé librement cette semaine. Les réformes récentes de la SEC ont d’ailleurs renforcé les conditions entourant ces plans, notamment via des périodes de cooling-off, des restrictions sur les plans multiples et des exigences de bonne foi.
Pour le lecteur de Form 4, la question n’est donc pas seulement “achat ou vente ?”, mais “achat ou vente sous quel régime de décision ?”.
L’autre colonne du tableau, la règle du short-swing profit
Section 16 ne se limite pas à la divulgation. Elle inclut aussi la récupération potentielle des profits réalisés sur des achats et ventes, ou ventes et achats, dans une fenêtre de moins de six mois, la fameuse règle de short-swing profit de la Section 16(b). Ce point n’a pas d’équivalent direct dans MAR.
Cela compte pour deux raisons. D’abord, cela influence le comportement des insiders américains. Ensuite, cela rappelle que Section 16 est un régime de statut et de restitution autant que de transparence. MAR, lui, parle davantage le langage de l’abus de marché, de la prévention et de la gouvernance de l’information.
MAR, un régime plus large, plus contextuel, moins homogène en façade
MAR, le règlement européen sur les abus de marché, a harmonisé au niveau de l’Union un ensemble de règles sur l’information privilégiée, la manipulation de marché, les listes d’initiés et les transactions des dirigeants.
L’article 19 impose aux PDMR et à leurs personnes étroitement liées de notifier les transactions effectuées pour leur propre compte sur les titres de l’émetteur ou des instruments liés. L’émetteur doit rendre l’information publique rapidement, et au plus tard dans les trois jours ouvrés.
PDMR n’est pas exactement “insider” au sens américain
Le premier piège comparatif est terminologique. Un PDMR n’est pas simplement l’équivalent européen d’un director ou officer américain. La définition renvoie à une personne au sein de l’émetteur ou d’un participant au marché des quotas d’émission qui exerce des responsabilités dirigeantes, avec un accès régulier à l’information privilégiée et le pouvoir de prendre des décisions de gestion affectant l’évolution future.
Le périmètre des personnes étroitement liées ajoute une couche supplémentaire. Conjoint, enfants à charge, proches parents vivant au même foyer, entités contrôlées ou créées au bénéfice de ces personnes, selon les cas, peuvent entrer dans le radar.
Le résultat est un univers de déclarants qui ne se superpose pas proprement à celui de Section 16.
Le délai T+3, simple sur le papier, plus nuancé dans la pratique
Le texte européen est clair sur le principe du délai de trois jours ouvrés. La pratique l’est parfois moins. Selon les juridictions, les canaux de publication, les formats de diffusion et la vitesse d’agrégation par les vendors peuvent varier. L’harmonisation juridique n’efface pas toute hétérogénéité opérationnelle.
Pour un trader, cela signifie qu’un même régime européen peut produire des expériences de latence différentes entre Paris, Francfort ou d’autres places. Le droit dit “T+3”. La plomberie de marché dit parfois autre chose.
Les périodes d’interdiction, colonne vertébrale du dispositif
MAR est célèbre, ou mal aimé, pour ses closed periods. En principe, un PDMR ne doit pas effectuer de transaction pour son propre compte ou pour le compte d’un tiers, directement ou indirectement, pendant une période de 30 jours calendaires avant l’annonce d’un rapport financier intermédiaire ou de fin d’exercice que l’émetteur est tenu de rendre public.
Ce point est fondamental pour la comparaison avec 10b5-1. L’Europe gère une partie du risque d’abus non par la pré-programmation des ordres, mais par une interdiction temporelle ex ante, assortie d’exceptions limitées. Les autorités et l’ESMA ont précisé, au fil des Q&A et orientations, comment interpréter certaines situations, notamment les cas exceptionnels ou les opérations sans changement de propriété économique immédiat.
Un signal plus riche, mais plus sale
Les notifications MAR peuvent couvrir des achats, ventes, nantissements, dons, acceptations d’options, souscriptions, conversions, et d’autres opérations sur instruments liés. C’est utile, mais cela produit du bruit. Une notification brute n’est pas encore un signal de conviction.
Le marché a parfois tendance à traiter “déclaration de dirigeant” comme une catégorie homogène. C’est une paresse de tableur. Un achat en numéraire sur le marché après une baisse de 25 % n’a pas la même charge informationnelle qu’une attribution liée à la rémunération variable, ou qu’un transfert intrafamilial.
| Market | Regulator | Rule | Deadline | Notes |
|---|---|---|---|---|
| FR | AMF | MAR Art 19 | T+3 | PDMR et personnes étroitement liées, publication par l'émetteur au plus tard sous 3 jours ouvrés. |
| DE | BaFin | MAR Art 19 | T+3 | Même socle MAR, avec différences opérationnelles de diffusion et d'agrégation selon l'émetteur et les vendors. |
| US | SEC | Exchange Act Section 16 / Form 4 | T+2 | Directors, officers et beneficial owners >10 %, dépôt EDGAR généralement sous 2 jours ouvrés. |
10b5-1 contre closed periods, deux philosophies de gestion du risque d’initié
C’est ici que la comparaison devient vraiment intéressante. Les deux régimes cherchent à réduire le risque de transactions opportunistes fondées sur une information non publique. Ils le font avec des outils différents.
Le modèle américain, autoriser sous conditions la mécanique
Le plan 10b5-1 repose sur une intuition très américaine : si l’on encadre suffisamment le processus de décision initial, on peut autoriser ensuite une exécution mécanique même lorsque l’initié détient ultérieurement une information sensible. Le plan doit être adopté de bonne foi, à un moment où l’initié n’est pas en possession d’une MNPI, et il doit spécifier ou déléguer de manière suffisamment objective les paramètres des transactions.
Pour le marché, cela crée une catégorie de transactions “moins informatives” en moyenne, sans les rendre dénuées d’intérêt. Un initié qui choisit de mettre en place un plan de vente massif envoie peut-être un message sur sa gestion patrimoniale, sa diversification, ou sa rémunération. Mais ce n’est pas le même message qu’un achat opportuniste non planifié.
Le modèle européen, interdire d’abord, autoriser ensuite à titre limité
MAR préfère un schéma plus prophylactique. Pendant la période de 30 jours avant certaines publications financières, on bloque. Des exceptions existent, par exemple dans des circonstances exceptionnelles ou pour certains types de transactions, mais elles sont interprétées de façon étroite.
Cette différence a une implication directe pour l’arbitrage d’attention. Aux États-Unis, une partie du flux reste “vivante” même autour de périodes sensibles, car des plans automatiques peuvent continuer à s’exécuter. En Europe, le flux discrétionnaire des PDMR est davantage comprimé autour des annonces, ce qui modifie la saisonnalité des déclarations.
Pourquoi cela crée des fenêtres d’arbitrage informationnel
Le mot “arbitrage” doit être manié avec sobriété. Il ne s’agit pas d’un arbitrage sans risque. Il s’agit d’une asymétrie d’observation.
Un desk qui surveille les deux marchés peut exploiter trois différences :
- la vitesse, avec un flux américain généralement plus rapide ;
- la structure, avec un flux américain plus codifié et un flux européen plus contextuel ;
- la saisonnalité réglementaire, avec des patterns de publication influencés par les plans automatiques d’un côté et les closed periods de l’autre.
Exemple typique : un groupe coté des deux côtés de l’Atlantique, ou des pairs sectoriels très corrélés, peut voir apparaître d’abord un signal américain lisible sur Form 4, alors que le flux européen comparable est soit retardé, soit absent parce que la fenêtre est fermée. Le trader attentif ne “transfère” pas mécaniquement le signal. Il l’utilise pour recalibrer ses probabilités sur le secteur, la valorisation relative, ou la lecture de la publication à venir.
Où se cachent les vraies fenêtres d’arbitrage pour les traders
Le point le plus utile de cet article tient en une phrase : la fenêtre exploitable n’est pas seulement entre transaction et publication, elle est entre publication et bonne interprétation.
Fenêtre n°1, la lecture des achats vs la lecture des ventes
Sur les deux régimes, les achats discrétionnaires sur le marché sont en général plus informatifs que les ventes. Cela n’a rien de mystérieux. Les dirigeants vendent pour mille raisons, fiscalité, diversification, immobilier, divorce, passion malheureuse pour les vignobles. Ils achètent pour beaucoup moins de raisons.
Mais la comparaison SEC vs MAR renforce encore cette asymétrie. Côté US, les ventes sous 10b5-1 peuvent être nombreuses et peu informatives. Côté MAR, certaines notifications de vente ou de transfert peuvent relever de mécanismes patrimoniaux ou de rémunération. Un screener qui traite toutes les ventes comme des signaux baissiers mérite la performance qu’il obtiendra.
Fenêtre n°2, la confusion entre exécution et divulgation
Un opérateur transatlantique doit stocker deux timestamps au minimum, idéalement trois. Date d’exécution, date de dépôt, date de diffusion publique. Sans cela, les comparaisons de latence sont fausses, et les backtests deviennent des romans historiques.
Le problème est particulièrement aigu lorsqu’on agrège des données européennes de plusieurs pays. La date visible dans le communiqué de l’émetteur n’est pas toujours la date qui a piloté la première diffusion machine-readable chez votre vendor.
Fenêtre n°3, l’effet de calendrier autour des résultats
Les closed periods sous MAR réduisent mécaniquement la probabilité de voir des transactions discrétionnaires juste avant les résultats. Aux États-Unis, les politiques internes des émetteurs imposent souvent aussi des trading windows, mais elles coexistent avec les plans 10b5-1.
Conséquence : l’absence de signal en Europe près d’une publication est moins informative qu’aux États-Unis si vous ne tenez pas compte du cadre réglementaire. Le silence n’est pas toujours du silence. Parfois, c’est juste une interdiction.
Fenêtre n°4, la qualité du codage transactionnel
Form 4 fournit une taxonomie transactionnelle plus standardisée que beaucoup de flux MAR publics. Pour un desk quant, cela signifie souvent moins de travail de nettoyage en amont. Pour un desk fondamental, cela signifie une lecture plus rapide de la nature de l’opération.
L’avantage européen n’est pas la standardisation, mais parfois la richesse contextuelle des communiqués de l’émetteur. Encore faut-il la lire. Oui, lire les annexes reste autorisé en 2026.
Ce qu’un cadre de recherche sérieux doit comparer, et ce qu’il doit exclure
Si l’on veut comparer l’utilité de Section 16 et de MAR pour des stratégies de trading ou de recherche, il faut résister à la tentation du tableau de bord trop propre.
Commencer par une taxonomie commune
La première étape consiste à reclasser les transactions dans des catégories économiquement comparables :
- achats open-market,
- ventes open-market,
- exercices d’options suivis de conservation,
- exercices suivis de vente,
- attributions gratuites ou liées à la rémunération,
- dons et transferts,
- conversions et souscriptions,
- transactions sous plan automatique quand l’information est disponible.
Sans cette taxonomie, vous comparez des pommes, des stock-options et des donations à des fondations familiales.
Ajuster pour les seuils, les personnes liées et les instruments
MAR inclut les personnes étroitement liées et un spectre plus large d’instruments. Section 16, elle, est structurée autour de catégories statutaires précises et d’un reporting très formalisé. Un protocole sérieux doit donc décider s’il inclut ou exclut les proches, comment il traite les dérivés, et comment il convertit les montants en exposition économique comparable.
Travailler en event time, pas seulement en calendar time
Si l’on mesure la réaction du marché, il faut le faire autour de la première disponibilité publique exploitable, pas autour de la date d’exécution. Sinon, on attribue au signal une capacité prédictive qu’aucun trader extérieur n’aurait pu utiliser légalement.
C’est un point banal. Il est pourtant violé avec une régularité admirable.
Contrôler le contexte de publication
Les transactions d’initiés ne vivent pas dans le vide. Elles coexistent avec les publications de résultats, les guidance updates, les programmes de rachat, les placements secondaires, les lock-up expirations et les changements de gouvernance. Le régime réglementaire explique une partie du signal. Le reste est souvent du contexte corporate.
Accepter que le meilleur signal n’est pas universel
Il est plausible, et souvent observé dans la littérature, que les achats d’initiés soient plus informatifs que les ventes, et que les signaux soient plus forts sur les petites capitalisations ou dans certaines situations de sous-valorisation. Mais l’intensité de cet effet dépend de la qualité des filtres.
Une stratégie “acheter tout achat d’initié” est une manière élégante de financer des frais de transaction.
Ce que l’on peut raisonnablement faire dès maintenant
Pour un investisseur ou un desk qui suit à la fois les États-Unis et l’Europe, la bonne réponse n’est pas de choisir un camp. C’est de construire une hiérarchie de confiance dans les signaux.
Une hiérarchie simple, mais utile
En haut de la pile, on placera souvent :
- les achats open-market discrétionnaires du CEO ou du CFO,
- les achats multiples et groupés de plusieurs dirigeants,
- les achats après forte baisse, hors période de résultats immédiate,
- les achats significatifs par rapport à la rémunération annuelle ou au patrimoine estimé.
Plus bas dans la pile :
- les ventes sous 10b5-1,
- les attributions de rémunération,
- les exercices techniques d’options,
- les transferts intrafamiliaux ou opérations sans vraie prise de risque nouvelle.
Cette hiérarchie vaut des deux côtés de l’Atlantique, mais elle doit être ajustée aux spécificités de chaque régime.
Une routine de veille transatlantique
Concrètement, une routine de veille robuste devrait :
- ingérer les Form 4 EDGAR en quasi temps réel,
- collecter les notifications MAR via les canaux des émetteurs et des régulateurs nationaux lorsque disponibles,
- enrichir chaque ligne avec un type économique standardisé,
- marquer l’existence d’un plan 10b5-1 si l’information est publiée,
- marquer les périodes de closed period théoriques sous MAR,
- et relier chaque transaction au calendrier corporate.
Ce n’est pas glamour. C’est ce qui sépare un signal exploitable d’un flux décoratif.
Le point aveugle le plus fréquent
Le point aveugle le plus fréquent est de croire qu’un régime plus rapide produit automatiquement un meilleur alpha. Un délai plus court améliore la fraîcheur, pas la qualité intrinsèque du signal. À l’inverse, un régime plus lent mais plus contextuel peut offrir une meilleure lecture à qui fait l’effort de classifier correctement.
Autrement dit, la vitesse est un avantage. La compréhension reste le métier.
A Rule 10b5-1 trading arrangement is an affirmative defense to insider trading if the conditions of the rule are met.
La différence structurelle entre Section 16 et MAR ne se résume donc pas à un chronomètre. Elle oppose un régime américain plus standardisé, plus rapide et plus lisible machine, à un régime européen plus large, plus procédural et plus dépendant du contexte. Pour un trader, la fenêtre d’arbitrage la plus réaliste n’est pas “acheter ce que les initiés achètent”, mais “interpréter plus vite et plus proprement que le voisin ce que la réglementation vient réellement de rendre visible”. La prochaine étape concrète est simple : auditer votre pipeline de données sur trois points, horodatages, classification économique, et marquage des plans 10b5-1 ou des closed periods. La question ouverte, elle, mérite un vrai backtest, à données propres : une fois ces corrections faites, quel régime produit le meilleur signal net de coûts, par type de transaction et par taille de capitalisation ?
Sources & further reading
- SEC, About Forms 3, 4 and 5regulator
- SEC, Exchange Act Section 16regulator
- SEC, Final Rule on Rule 10b5-1 and Insider Trading Arrangementsregulator2022-12-14
- SEC Investor Bulletin, Rule 10b5-1 Trading Plansregulator
- EUR-Lex, Regulation (EU) No 596/2014 on market abuse (MAR)regulator2014-04-16
- ESMA, Questions and Answers on the Market Abuse Regulation (MAR)regulator
- AMF, Les opérations des dirigeants et personnes liéesregulator
- AMF, Prévention des manquements d'initiés imputables aux dirigeants des sociétés cotéesregulator2016-10-26
- BaFin, Managers' transactions under Article 19 MARregulator
- Jeng, Metrick and Zeckhauser, Estimating the Returns to Insider Tradingpaper2003-01-01
Editorial note, this article was assembled without live web research (Grok unavailable in this generation pass). Evergreen sources are cited above; numerical claims are pulled from our own database snapshot as of 2026-05-17.
Ce que disent nos chiffres
L'analyse des performances des dépôts de type BUY révèle des résultats significatifs tant pour le marché américain que pour le contexte global. Dans notre base de données, les 187 150 transactions américaines affichent un rendement moyen de -2,28 % sur 90 jours, avec un taux de réussite de 40,37 % et un Sharpe annualisé de -0,09. En comparaison, l'univers global, qui inclut 227 594 dépôts BUY à travers 17 marchés, présente un rendement moyen de -1,70 % et un Sharpe de -0,08. Ces chiffres soulignent les implications des délais de dépôt entre la SEC et le MAR, suggérant que les performances des dépôts peuvent varier considérablement en fonction des réglementations et des marchés. Il est important de noter que ces résultats sont basés sur un échantillon spécifique et une période de 90 jours.
Dernière révision · 2026-05-18 · Par Simon Azoulay · Sources : SEC EDGAR, AMF BDIF, et 28 autres régulateurs.
