Le sujet n’est pas seulement de raconter la migration. Il faut en tirer une méthode.
Cartographier les points d’entrée
Première étape, établir une cartographie explicite des points d’entrée italiens :
- documentation CONSOB sur l’information réglementée et le cadre d’internal dealing ;
- pages des émetteurs relatives à l’information réglementée ;
- opérateurs SDIR utilisés par les émetteurs ;
- eMarket Storage pertinents pour l’archivage.
Cette cartographie doit être versionnée. Les points d’entrée changent. Les souvenirs, eux, changent encore plus vite.
Construire un mapping d’URL historiques
Deuxième étape, créer un mapping entre anciennes références CONSOB et nouvelles localisations documentaires, quand elles existent. Cela peut passer par :
- l’exploration des archives web ;
- les sitemaps historiques ;
- les communiqués d’émetteurs renvoyant vers les documents ;
- les index d’information réglementée conservés par les opérateurs.
Le travail est ingrat. C’est précisément pour cela qu’il crée de la valeur.
Normaliser agressivement les métadonnées
Troisième étape, imposer une couche de normalisation interne :
- noms d’émetteurs alignés sur LEI ou identifiant maison ;
- initiés dédupliqués ;
- types de transaction mappés vers une taxonomie unique ;
- horodatages convertis dans un standard commun ;
- pièces jointes archivées avec empreinte.
Sans cette couche, la couverture italienne restera un patchwork.
Accepter qu’un backfill parfait n’existe pas
Quatrième étape, documenter franchement les limites. Certaines périodes seront incomplètes. Certains liens seront irrécupérables. Certaines déclarations ne survivront que sous forme de copies secondaires ou de citations. Il vaut mieux publier un taux de couverture estimé et des zones d’ombre explicites que prétendre à une exhaustivité imaginaire.
Ce n’est pas une faiblesse. C’est de l’hygiène scientifique.
Pourquoi cette migration compte au-delà de l’Italie
L’affaire italienne n’est pas un folklore local. Elle illustre un problème européen plus large, la distance entre la conformité réglementaire et l’accessibilité empirique.
Pour les investisseurs
Un investisseur qui suit les achats et ventes de dirigeants veut de la fraîcheur, de l’exhaustivité et de la comparabilité. Si un marché devient plus difficile à collecter, il risque d’être sous-pondéré dans les signaux, non parce qu’il est moins informatif, mais parce qu’il est moins commode.
C’est une distorsion méthodologique, pas une vérité financière.
Pour les chercheurs
Les chercheurs qui comparent les pays européens supposent souvent que l’harmonisation du MAR suffit à rendre les séries comparables. Ce n’est pas le cas. Il faut intégrer une variable de qualité d’accès documentaire. Sans cela, des différences apparentes entre pays peuvent n’être qu’un artefact de collecte.
Pour les régulateurs
Les régulateurs ont, eux aussi, un intérêt à la continuité des archives. Une obligation de publication qui devient difficilement vérifiable par le public perd une partie de sa fonction disciplinaire. La conformité existe peut-être sur le papier, mais sa visibilité diminue.
On peut résumer le problème de façon peu romantique, mais exacte, une règle sans archive exploitable est une règle qui travaille à temps partiel.
Le point utile, maintenant, est concret. Si vous voulez reconstruire une couverture italienne crédible, la prochaine étape n’est pas de relire le MAR une fois de plus, mais de dresser un inventaire opérationnel des eMarket Storage et des canaux SDIR effectivement utilisés par les émetteurs italiens, puis de tester, émetteur par émetteur, la continuité entre documents récents et archives anciennes. La question ouverte est simple et coûteuse, quel pourcentage de l’historique italien peut encore être récupéré avec une preuve source de première main, plutôt qu’avec des copies de second rang.