Les colonnes indispensables
Si les données live étaient disponibles, le tableau principal devrait inclure au minimum :
- Rang
- Dirigeant
- Société
- Marché
- Nombre d'achats sur 3 ans
- Hit-rate
- Horizon du hit-rate
- Rendement médian post-achat
- Taille médiane de transaction
- Date du dernier achat
Et, idéalement, deux colonnes supplémentaires :
- score ajusté pour la taille d'échantillon,
- contexte du dernier achat.
Cela permettrait de lire le classement en deux temps. D'abord le tri brut. Ensuite la vérification de robustesse. C'est moins sexy qu'un simple Top 50. C'est aussi plus difficile à ridiculiser.
Les règles de calcul à publier en note de méthode
Une note de méthode sérieuse devrait répondre aux questions suivantes :
Qu'est-ce qu'un achat ?
Uniquement les achats au comptant discrétionnaires sur actions ordinaires ? Ou aussi les achats via holdings, les conversions, les attributions suivies de conservation, les instruments liés ? La réponse change tout.
Comment agréger les transactions ?
Si un dirigeant effectue trois achats le même jour, est-ce un seul signal ou trois ? En général, un seul signal agrégé est plus défendable.
Quel benchmark ?
Performance absolue du titre, ou performance relative à l'indice local ou sectoriel ? En marché haussier, le hit-rate absolu gonfle naturellement.
Que faire des titres délistés ?
Les exclure améliore artificiellement les résultats. Les conserver est indispensable, même si cela complique les séries.
Que faire des achats pendant périodes d'extrême volatilité ?
Au minimum, les signaler. Mieux, publier une version ex-crise et une version complète.
Un exemple de sortie, volontairement vide
Parce que les données n'ont pas été fournies, voici la structure, pas le contenu :
| Rang |
Dirigeant |
Société |
Nb achats 3 ans |
Hit-rate |
Rendement médian |
Score ajusté |
Commentaire |
| 1 |
n/a |
n/a |
n/a |
n/a |
n/a |
n/a |
n/a |
| 2 |
n/a |
n/a |
n/a |
n/a |
n/a |
n/a |
n/a |
| 3 |
n/a |
n/a |
n/a |
n/a |
n/a |
n/a |
n/a |
| ... |
... |
... |
... |
... |
... |
... |
... |
| 50 |
n/a |
n/a |
n/a |
n/a |
n/a |
n/a |
n/a |
Ce vide est frustrant. Il a au moins une qualité, il ne ment pas.
Comment lire ce futur classement sans se raconter d'histoires
Un leaderboard est un outil de tri, pas une stratégie prête à l'emploi
Le bon usage d'un Top 50 de dirigeants par hit-rate est de générer une liste de surveillance. Pas de copier mécaniquement les achats, encore moins de le faire sans filtrer la liquidité, la valorisation et le calendrier d'entreprise.
Le lecteur professionnel cherchera des motifs récurrents :
- des dirigeants qui achètent rarement, mais bien,
- des clusters d'achats dans des sociétés sous-couvertes,
- des achats de taille significative après des événements non terminaux,
- et des cas où plusieurs membres de la direction achètent ensemble.
Le lecteur particulier, lui, devrait commencer par une question plus simple, est-ce que je comprends l'entreprise indépendamment du signal initié ? Si la réponse est non, le hit-rate du dirigeant ne résoudra pas le problème. Il le maquillera.
Le classement doit être mis à jour, sinon il se fossilise
Un palmarès sur trois ans vieillit vite. Un dirigeant peut avoir un excellent historique jusqu'à l'an dernier, puis changer de société, de fonction, ou simplement traverser un régime de marché différent. Le score doit donc être recalculé régulièrement, avec une fenêtre glissante.
Idéalement :
- mise à jour mensuelle,
- conservation de l'historique des rangs,
- et signalement des entrants et sortants.
Sans cela, le Top 50 devient une galerie de trophées périmés.
La vraie question n'est pas “qui est numéro un ?”
La vraie question est plutôt, quels profils restent robustes quand on durcit les règles ? Si un dirigeant reste bien classé avec un minimum de 10 achats, un benchmark relatif, des achats agrégés, et une pénalisation des petits échantillons, alors le signal mérite une attention sérieuse.
C'est moins glamour qu'un podium. C'est beaucoup plus utile.
Le prochain pas est concret, extraire enfin les données live de la base 162k, publier la note de méthode complète, puis sortir un Top 50 avec double classement, brut et ajusté. L'open question est la seule qui compte vraiment, combien de héros du hit-rate survivront quand on remplacera les séries courtes par de la statistique adulte ?